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26 octobre 2011 3 26 /10 /octobre /2011 09:07

 

A quoi tient une course cycliste dont l'histoire oublie ensuite les péripéties ? A pas grand chose parfois, on laisse aller parce qu'on est fatigué ou tellement sur de gagner. C'est ce qui est arrivé à Pierre Cogan dans Manche-Océan 1946, une vraie course contre la montre de 125 kilomètres disputée de Paimpol à Auray. Je laisse la parole à Albert Baker d'Isy qui s'exprime dans l'hebdomadaire "Cyclisme" du mardi 13 août 1946. Outre qu'il a plus de talent que moi, c'était la belle époque où les journalistes étaient dans la course en général sur le tansad d'une moto et pouvaient suivre la course de près, il a toujours compris ce qui se passait. Tout dire ou presque en faisant simple.

 

UN PASSAGE A NIVEAU FERME ET...

PONTET

bat COGAN de 23 secondes

dans Manche-Océan

 

Dans ce Manche-Océan, nous avons retrouvé le Cogan des grands jours, le vainqueur du Prix des Nations 1937, mais aussi nous avons assisté à la consécration d'un véritable champion : Pontet. Cogan, bien parti, s'assura l'avantage dès le premier kilomètre et, pendant les trois-quarts du parcours, ne fit qu'augmenter son avance, si bien qu'à 30 kilomètres de l'arrivée, notre homme faisait déjà figure de grand vainqueur.

Mais dans cette dernière portion de la course, les choses changèrent. Conscient de son avance et peut-être d'une confiance excessive, Cogan ralentit l'allure (négligea même les petits détails qui font gagner une épreuve contre la montre : s'abriter, couper dans les virages, etc...) si bien que son avance fondait peu à peu.

Son avance sur qui ? Kergoët, pointé à 30" du leader après 40 kilomètres de course, s'effondra à la fin et c'est Pontet, pointé à 1'15" au même kilométrage, qui revint peu à peu, grignotant tout doucement la précieuse avance de Cogan, cela grâce à une minutie, à un coup de pédale extrêmement régulier. Si bien qu'à l'entrée d'Auray, Cogan n'avait plus qu'une dizaine de secondes d'avance sur l'ex-Olympien. Néanmoins, la victoire – si elle ne l'était que de justesse – semblait acquise. Nous étions aux portes du vélodrome.

C'est alors qu'un incident imprévu donna la victoire à Pontet. A L'entrée de la ville, les barrières d'un passage à niveau sde fermaient devant le leader. Un train de marchandises passa et Cogan, trépignant, impuissant voyait s'envoler la victoire.

Sans ce passage à niveau fermé, Cogan remporte Manche-Océan : c'est certain. Mais il ne faut pas perdre de vue que Pontet de son côté "perça" une fois et changea deux fois de vélo. Le vainqueur de Manche-Océan 1946 a triomphé en champion.

Parmi les battus, Boda et Robic effectuèrent les plus beaux retours. Par contre, Kergoët, après un départ rapide, s'écroulait. Quant au Belge de Brest Lambrecht il a prouvé qu'il était un grand rouleur.

Caput enfin – qui termine 11° à 13° - a fait une course, sinon brillante, du moins régulière. Manche-Océan a surtout constitué pour lui une mise en jambes avant l'épreuve contre la montre... et elle lui a sans doute fourni de nombreux renseignements.

 

De notre envoyé spécial A. Baker d'Isy

 

Effectivement, Caput s'est bien préparé puisque c'est lui qui le 18 août, après la dernière épreuve contre la montre (Rambouillet-Paris, 120 kilomètres) sera champion de France sur route des professionnels.

 

11-08-1946 Manche-Océan

clm 125km 14 partants 13 classés

1 Roger PONTET 33,232km/h 3h43'41"

2 Pierre COGAN à 24"

3 Jean Marie GOASMAT à 2'51"

4 Roger LAMBRECHT à 4'46"

5 Lucien BODA à 5'15"

6 Jean ROBIC à 6'12"

7 Amand AUDAIRE à 6'15"

8 Alexandre PAWLISIAK à 7'57"

9 André KERGOËT à 10'23"

10 Mathurin RIO à 12'07"

11 Louis CAPUT à 13'19"

12 Sylvère JEZO à 18'04"

13 Jean GUERNEHUE à 32'19"

abandon Yvan MARIE

 

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FredCultureCyclisme - dans Courses
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