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29 mai 2013 3 29 /05 /mai /2013 16:04

Tom Simpson 1967

 

 

 

Il m'a toujours semblé qu'écrire l'histoire, c'était donner son opinion sur des faits et que les lecteurs avaient le devoir de se faire eux-mêmes leur opinion sur un sujet en allant chercher des opinions contradictoires.

L'histoire du cyclisme n'est pas exempte de cette règle. C'est pourquoi ce que je vais écrire sur Tom Simpson n'engage que moi et il est intéressant de prendre d'autres avis que le mien.

 

Tom Simpson est un garçon ambitieux, ayant confiance dans ses moyens, cependant je ne pense pas qu'avant 1966 il ait songé à gagner le Tour de France. Mais cette année-là, il voit Lucien Aimar gagner le Tour devant Jan Janssen, deux coureurs qui selon lui ne lui sont en rien supérieur dans les courses par étapes. S'il aime l'argent, il aime aussi la gloire et ce qu'ont fait Aimar et Janssen il se sent capable de l'accomplir pour son compte. Surtout, il analyse aussi que Raymond Poulidor s'est fait piéger de deux façons différentes en 1965 et 1966. Il pense donc que Poulidor a peu de chance désormais de gagner le Tour malgré sa classe, voire même qu'il ne le gagnera jamais. Quant à Gimondi, si il vient, on ne sait jamais avec les Italiens, il aura la pancarte et n'aura plus les coudées franches comme en 1965. Quant à Jacques Anquetil, qu'il n'a jamais sérieusement envisager de battre, il est prévu depuis longtemps qu'il ne sera pas de la fête.

 

Alors tout lui semble permis et il se met à rêver.

 

Après son titre de champion du monde en 1965, sa saison 1966 a été disons moyenne et il le sait. Il va donc préparer 1967 comme jamais. Il commence par gagner Paris-Nice, course à étapes d'importance pour ceux qui entendent briller dans le Tour.

Cependant pour gagner Paris-Nice, il se rend compte qu'il lui faut aussi s'imposer dans sa propre équipe. Il va laisser des forces tout au long de la première partie de la saison à courir, en plus de la course normale, souvent à contre temps, après ses propres équipiers de chez Peugeot-BP, et d'abord après Merckx et Ferdinand Bracke sans oublier la cohorte de Français sortis de l'ACBB à qui la réussite d'Aimar a dû aussi donner des idées.

Il va ensuite affiner sa préparation au Tour d'Espagne où il gagnera une étape sans se rendre vraiment compte qu'avec sa victoire Jan Janssen confirme que sa seconde place au Tour de France précédent était tout sauf un accident. Mais dans sa tête Janssen ne lui a jamais été et ne lui sera jamais supérieur dans une coure par étapes

.

Si sa sélection et sa place de leader en équipe de Grande Bretagne ne peuvent lui être contestées, un souci de moins. Il est conforté dans sa volonté d'être le premier britannique à gagner le Tour. Son ego exacerbé l'empêche de se rendre compte que, sans lui faire injure, son équipe est faible. Armstrong n'aurait enlevé aucun de ses Tours avec une telle équipe, et qu'il est lui-même fatigué par sa saison.

Pendant le Tour, Simpson se comporte en ambitieux qui se cache, mais les étapes de vérité approchent et il ne doit pas céder trop de terrain en montagne et notamment au Ventoux.

Rappelons le classement général au terme de la 12ème étape : Roger Pingeon (Peugeot) est en tête devant Désiré Letort (autre Peugeot) à 4'02", suivent Julio Jimenez à 4'57", Franco Balmamion à 5'48", Felice Gimondi à 6'15", Lucien Aimar à 7'02" et enfin notre Simpson à 8'20". Il est en embuscade pour lui-même, au pire, malgré les équipes nationales, pour sa marque Peugeot.

Tout le monde connait hélas la suite... Mais l'on peut dire que c'est peut être son ambition qui a tué Simpson.

 

Frédéric Girard

 

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FredCultureCyclisme - dans Cyclisme
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