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1 août 2013 4 01 /08 /août /2013 00:17

Ces Six Nuits d'Alger correspondent à la façon dont j'aime que ce blog fonctionne :

Pierrot Picq, de Mémoire du Cyclisme, juge que ces Six Nuits d'Alger ont leur place sur mon blog.

Il tient les résultats de Jean Llorens et Jean Louis Bey les a enjolivés en dessinant les maillots. Un vrai journal à plusieurs voix...

 Des nuits, pas des Six Jours, mais des nuits bien plus longues que les Six Jours d'aujourd'hui.

Alger la Blanche offrait tout cela au mois de juin 1953 quand tout semblait encore possible entre les communautés

 

4 au 10-06-1953

 

Six Nuits d'Alger

 

Les partants :

1 GOLDSCHMIT Jang (Lux) - Ferdi KÜBLER (Sui) maillot jaune Goldschmit-Kubler.jpg

2 SENFFTLEBEN Georges (Fra) - CARRARA Emile (Fra) Senfftleben-Carrara.JPG

3 TERRUZZI Ferdinando (Ita) - POBLET Miguel (Esp) Terruzzi-Poblet.jpg

4 LEONI Adolfo (Ita) - RIGONI Severino (Ita) Leoni-Rigoni.jpg

5 ANDRIEUX Henri (Fra) - BELLANGER Jacques (Fra) Andrieu-Bellanger.JPG

6 KEBAILI Ahmed (Alg) - FORLINI Dominique (Fra) Kebaili-Forlini.jpg

7 ZAAF Abdelkader (Alg) - GOUSSOT Raymond (Fra) Zaaf-Goussot.jpg

8 MASSIP Norbert (Alg) - GUÉGAN Raymond (Fra) Massip-Gueguan.jpg

9 BEN ABDESSELEM Driss (Mar) - BEN AHMED Mohamed (Mar) Ben-Abdesselem-Ben-Ahmed.JPG

10 SOLER Vicnent (Alg) - ZELASCO Marcel (Mar) Soler-Zelasco.JPG

11 FRANCISI Dominique (Fra) - FRANCISI Pierre (Fra) Francisi-Francisi.JPG

12 LAKHDAR Amar (Alg) - ABBES Abdelkader (Alg) Lakhdar-Abbes.JPG

13 GUERCY Gérard (Alg) - LAUZE Maurice (Alg) Guercy-Lauze.JPG

14 ROMEU Jean-Pierre (Alg) - LLORCA Edmond (Alg) Romeu-Llorca.jpg

15 VELOTTI Francis (Alg) - HUERTA Henri (Alg) Velotti-Huerta.JPG

16 ALONZO René (Alg) - ALONZO Mario (Alg) Alonzo-Alonzo.jpg

17 GALINARI (Alg) - ALONZO Roger (Alg) Galinari-Alonzo.JPG

 

classement

1. Ferdinando TERRUZZI (Ita) - Miguel POBLET (Esp) 789 points 

2. Jang Goldschmit (Lux) - Ferdi Kübler (Sui) 414 à 1 tour

3. Georges Senfftleben (Fra) - Maurice Lauze (Alg) 534 à 2 tours

4. Ahmed Kebaili (Alg) - Dominique Forlini (Fra) 199

5. Abdelkader Zaaf (Alg) - Raymond Goussot (Fra) 586 à 5 tours

6. Driss Ben Abdesselem (Mar) - Mohamed Ben Ahmed (Mar) 561 à 7 tours

7. Adolfo Leoni (Ita) - Severino Rigoni (Ita) 657 à 8 tours

8. Vincent Soler (Alg) - Marcel Zelasco (Alg) 289 à 9 tours

9. Norbert Massip (Alg) - Raymond Guégan (Fra) 485 à 11 tours

10. Francis Velotti (Alg) - Henri Huerta (Alg) 250

11. Dominique Francisi (Fra) - Pierre Francisi (Fra) 232 à 13 tours

12. Jean-Pierre Romeu (Alg) - Edmond Llorca (Alg) 163 à 13 tours

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18 juillet 2013 4 18 /07 /juillet /2013 21:42

l'Histoire du GP de Nice 1946

10 mars 1946

 

L'Histoire du cyclisme regorge d'anecdotes et de bizarreries En voici une.

Nous somme le 10 mars 1946 à l'orée de la saison, au Grand Prix de Nice (ou Critérium International de la Ville de Nice; avant guerre, le Grand Prix de la Ville de Nice était une course de vitesse). Sept homme sont échappés (Pierre Brambilla, Fermo Camellini, Louis Costa, Jean De Gribaldy, Antoine Giauna, Yvan Marie et Joseph Tacca) et se préparent à se disputer la victoire au sprint.

On leur avait dit : "Vous aurez un tour à faire...", un tour de la place Masséna qui est rectangulaire. Nos hommes préparent le sprint et se surveillent quand les officiels les arrêtent dans l'une des lignes droites et déclarent Antoine Giauna, en tête à ce moment là, vainqueur.

Disons que lors d'un véritable sprint il avait assez peu de chances de l'emporter. Les autres coureurs protestent, rien n'y fait et Giauna (AS Monaco, équipe Urago-Wolber) accroche à son palmarès le Grand Prix de la Ville de Nice 1946.

Il est vrai que 1946 était la première saison complète d'après guerre, simplement quand on lit seulement le palmarès, ce n'est pas ce que l'on avait imaginé.

 

Frédéric Girard

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10 juillet 2013 3 10 /07 /juillet /2013 01:13

On ne voit pas tous la même chose

 

Le portail Orange parle d'un mauvais geste de Mark Cavendish lors de l'arrivée de l'étape du tour de France 2013 Saint Gildas des Bois-Saint Malo et est même surpris que ce dernier n'ait pas été déclassé.

On ne voit pas tous la même chose, à chaud et en direct puis dans les minutes qui ont suivi j'ai vu deux fois cet incident, et la seconde fois, voyant qu'il s'agissait d'un équipier de kittel, il m'a paru évident que ce dernier (Kittel vainqueur) allait être déclassé.

Moi j'au vu un coureur s'arrêter ayant fini d'emmener son leader et en s'arrêtant bloquer les suivants les mettant même en danger, peut-être parce que la route était trop, étroite ou allait tourner, et l'on comprend alors la réaction de Cavendish lancé et risquant sa vie pour passer. Pire, on se rend compte, et c'est ce que j'ai vu les deux fois, que ce coureur, coéquipier de Kittel en coupant totalement au milieu de la chaussée, a faussé le sprint volontairement ou involontairement

au profit de son leader.

Moi c'est plutôt à lui, Tom Veelers que j'aurais demandé des explications et s'il y avait un déclassement à envisager, c'était celui de Kittel.

 

Frédéric Girard

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17 juin 2013 1 17 /06 /juin /2013 14:46

Genève-Berne-Genève 1892

Geneve-Berne-1892-M.Allard-2eme-2-.jpg

 

A noter que lesna est dit de La Chaux de Fonds

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29 mai 2013 3 29 /05 /mai /2013 16:04

Tom Simpson 1967

 

 

 

Il m'a toujours semblé qu'écrire l'histoire, c'était donner son opinion sur des faits et que les lecteurs avaient le devoir de se faire eux-mêmes leur opinion sur un sujet en allant chercher des opinions contradictoires.

L'histoire du cyclisme n'est pas exempte de cette règle. C'est pourquoi ce que je vais écrire sur Tom Simpson n'engage que moi et il est intéressant de prendre d'autres avis que le mien.

 

Tom Simpson est un garçon ambitieux, ayant confiance dans ses moyens, cependant je ne pense pas qu'avant 1966 il ait songé à gagner le Tour de France. Mais cette année-là, il voit Lucien Aimar gagner le Tour devant Jan Janssen, deux coureurs qui selon lui ne lui sont en rien supérieur dans les courses par étapes. S'il aime l'argent, il aime aussi la gloire et ce qu'ont fait Aimar et Janssen il se sent capable de l'accomplir pour son compte. Surtout, il analyse aussi que Raymond Poulidor s'est fait piéger de deux façons différentes en 1965 et 1966. Il pense donc que Poulidor a peu de chance désormais de gagner le Tour malgré sa classe, voire même qu'il ne le gagnera jamais. Quant à Gimondi, si il vient, on ne sait jamais avec les Italiens, il aura la pancarte et n'aura plus les coudées franches comme en 1965. Quant à Jacques Anquetil, qu'il n'a jamais sérieusement envisager de battre, il est prévu depuis longtemps qu'il ne sera pas de la fête.

 

Alors tout lui semble permis et il se met à rêver.

 

Après son titre de champion du monde en 1965, sa saison 1966 a été disons moyenne et il le sait. Il va donc préparer 1967 comme jamais. Il commence par gagner Paris-Nice, course à étapes d'importance pour ceux qui entendent briller dans le Tour.

Cependant pour gagner Paris-Nice, il se rend compte qu'il lui faut aussi s'imposer dans sa propre équipe. Il va laisser des forces tout au long de la première partie de la saison à courir, en plus de la course normale, souvent à contre temps, après ses propres équipiers de chez Peugeot-BP, et d'abord après Merckx et Ferdinand Bracke sans oublier la cohorte de Français sortis de l'ACBB à qui la réussite d'Aimar a dû aussi donner des idées.

Il va ensuite affiner sa préparation au Tour d'Espagne où il gagnera une étape sans se rendre vraiment compte qu'avec sa victoire Jan Janssen confirme que sa seconde place au Tour de France précédent était tout sauf un accident. Mais dans sa tête Janssen ne lui a jamais été et ne lui sera jamais supérieur dans une coure par étapes

.

Si sa sélection et sa place de leader en équipe de Grande Bretagne ne peuvent lui être contestées, un souci de moins. Il est conforté dans sa volonté d'être le premier britannique à gagner le Tour. Son ego exacerbé l'empêche de se rendre compte que, sans lui faire injure, son équipe est faible. Armstrong n'aurait enlevé aucun de ses Tours avec une telle équipe, et qu'il est lui-même fatigué par sa saison.

Pendant le Tour, Simpson se comporte en ambitieux qui se cache, mais les étapes de vérité approchent et il ne doit pas céder trop de terrain en montagne et notamment au Ventoux.

Rappelons le classement général au terme de la 12ème étape : Roger Pingeon (Peugeot) est en tête devant Désiré Letort (autre Peugeot) à 4'02", suivent Julio Jimenez à 4'57", Franco Balmamion à 5'48", Felice Gimondi à 6'15", Lucien Aimar à 7'02" et enfin notre Simpson à 8'20". Il est en embuscade pour lui-même, au pire, malgré les équipes nationales, pour sa marque Peugeot.

Tout le monde connait hélas la suite... Mais l'on peut dire que c'est peut être son ambition qui a tué Simpson.

 

Frédéric Girard

 

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27 mai 2013 1 27 /05 /mai /2013 01:19

Parce que je suis négligent, j'aurai mis beaucoup de temps à commencer à vous livrer les recherches et trésors de l'ami Mario, qui a fait un travail et des recherches extraordinaires sur Marius Allard, le premier champion cycliste de ma ville natale Arles. Ci-dessous, pour commencer, une lettre manuscrite d'Allard sollicitant la création d'un vélodrome à Arles.

 

    marius allard et son velodrome

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26 mai 2013 7 26 /05 /mai /2013 19:23

Essai d'Histoire du Cyclisme

des Bouches du Rhône

(1)
 
 
Le cyclisme en Provence, celui dont on parle encore, commence chez moi dans l'aristocratie arlésienne. Comme ailleurs, la jeunesse fortunée s'essaie à ce nouveau moyen de locomotion. Et deux jeunes gens plus doués que les autres laisseront un nom dans l'histoire du vélo, Marius et Jean Allard. Marius, qui décédera très jeune, participera au premier Paris-Brest-Paris et fera le bonheur des pistes européennes. Il battra même un record du monde derrière entraîneurs sur le parcours Salon-Arles. Ce parcours, en ligne droite balayé par le Mistral sera d'ailleurs propice aux records du monde.
Il faudra attendre la famille Bettini, Aldo et Peppino routiers-pistards des premières années du siècle et participants au Tour de France pour que le cyclisme retrouve ses lettres de noblesse en Provence. A cette époque-là, les meilleurs Provençaux ignorent l'UVF (Union Vélocipédique de France) et sont licenciés à la FCIM (Fédération Cycliste Indépendante du Midi). Le contentieux Paris-Marseille ne date pas d'OM-PSG.
 
Deux coureurs vont dominer l'immédiat après-guerre Joseph Curtel sur la route et Gustave Ganay sur la piste et plus précisément en demi-fond. Ils appartiennent comme leurs pairs à une époque où le cyclisme est un cyclisme de vieux. La guerre 14-18 a rayé la jeunesse de la carte, morts ou estropiés, le renouvellement des cyclistes, sauf de rares exceptions ne se fait pas. Les courses sont de longues processions à allure de cyclotouristes avec des coureurs âgés pour la plupart.
Joseph Curtel va dominer le lot de la tête et des épaules. Après une carrière discrète commencée avant guerre, il va remporter tant sur route que sur piste tout ce qu'il voudra. Il sera l'un des rares à montrer sa roue arrière à Binda, le champion naissant de la Côte d'Azur. Le troisième larron sera le Varois et Champion de France Louis Gras.
Avec d'autres Peugeot, hors de chez lui, ou son compère Adrien Allibert chez nous, il sera la vedette incontestée de notre cyclisme. Il va même peut-être gagner Paris-Roubaix 1927, mais c'est Georges Ronsse qui figure au palmarès. Cela fait partie de la légende du cyclisme puisque les photos prises presque sur la ligne ne permettent pas de départager les deux coureurs. Pour se faire une idée, il faut quitter "L'Auto", journal organisateur, qui fait le canard sur sa course et préfère la victoire d'un jeune pur-sang sur un cheval de retour (Curtel allait sur ses 34 ans). Mais "les Sports Illustrés", hebdomadaire Belge que l'on ne peut soupçonner d'être favorable au Français, reconnaît que la Marseillaise a été jouée et que Curtel a reçu le bouquet de la victoire. Le doute subsiste encore.
Toujours est-il que le "Zé" (diminutif de Joseph en Provence) remplissait les vélodromes régionaux plus que les Pélissier ou Girardengo et servait de référence aux autres coureurs.
A ce sujet, je me souviens que Louis Aimar, me parlant de sa première victoire, du moins la première importante pour lui, tenait à ajouter qu'elle avait été obtenue devant Curtel, nom qu'il prononçait encore avec respect 50 ans après.
L'autre anecdote concerne la piste : quand un jeune coureur venait de réaliser une performance sur la route, il n'était pas rare de voir M. Sol, le directeur du Vélodrome Jean Bouin s'approcher et on avait droit au dialogue suivant :
  • Tu marches bien petit
  •  
    • Oui Monsieur Sol
    •  
      • Samedi je fais une réunion sur piste, ça t'intéresserait
      •  
        • Bien sûr Monsieur Sol
        •  
          • Et tu prendrais combien ?
          •  
            • Comme Curtel Monsieur Sol, comme Curtel
            •  
En général Monsieur Sol tournait les talons et le dialogue s'arrêtait là sauf si le minot devenait plus raisonnable, ce qui était généralement le cas.
Quand il prendra sa retraite Joseph Curtel ne quittera pas le milieu et deviendra entraîneur de demi-fond.
L'autre vedette de l'époque, c'est Gustave Ganay. D'abord routier, grimpeur même puisqu'il s'imposera au Faron, le petit Ganay atteindra à la notoriété nationale puis internationale en demi-fond. Coureur spectaculaire, il y laissera sa vie comme bien d'autres.
Les autres coureurs de l'époque sont avant tout des Tours de France. Pour doués qu'ils fussent, ils n'ont jamais atteint à la notoriété de Curtel et n'ont pas dominé le cyclisme régional de la même manière.
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23 mai 2013 4 23 /05 /mai /2013 13:24

 

Omer Taverne volé d'une étape

 

au Tour 1929

 

 

J'espère que le centième Tour de France sera l'occasion pour ses amoureux et les autres d'en apprendre davantage. Déjà, Jean Pierre de Mondenard, véritable historien du cyclisme, vient de sortir un livre sur les premières du Tour.

 

Peut-être un jour aurons-nous droit par exemple à une véritable étude sur les touristes routiers et isolés du Tour, à une autre étude sur l'évolution des règlements et leur application (ils changeaient chaque année, Henri Desgranges se réservant le droit de les modifier s'il en ressentait le besoin, un véritable patron d'aujourd'hui Desgranges).

 

Ce qui a été fait de plus remarquable sur le Tour, en terme de faire avancer la connaissance, c'est la monographie d'Etienne Harel dans Cycl'Hist' sur le recomplétement des équipes en 1928.

 

Il y a donc encore beaucoup à dire et à apprendre sur le Tour de France.

 

 

 

On pourrait cependant croire qu'en matière de vainqueur d'étapes et de classement général tout a été dit et écrit.

 

Et pourtant, sur le Tour 1929 où Desgranges décidément ne tenait pas la grande forme en matière règlementaire.

 

Souvenez-vous, sur ce Tour 29; lorsque nous lisons les palmarès, il y avait écrit à la deuxième place du classement final Joseph Demuyssère. C'est ce que disait notamment la brochure "Le Tour a 75 ans" éditée par L'Equipe. Et puis un jour, sans bruit, parce qu'un chercheur comme nous avait eu gain de cause, cette deuxième place était désormais attribuée à l'Italien Giuseppe Pancera. Pourquoi ? Eh bien ! Demuyssère avait été sanctionné en temps, bien après l'arrivée, pour, sur le fond, avoir aidé son compatriote Dewaele au détriment de ses propres chances.

 

Je pense que le silence sur cette rectification, simplement lue dans les palmarès, vient du fait qu'on sanctionnait un acte qui serait magnifié à partir de l'année suivante avec les équipes nationales.

 

Mais revenons à ce qui nous préoccupe, je vous propose d'ajouter un nouveau vainqueur d'étape dans ce même Tour 1929.

 

 

 

Je n'ai pas L'Auto du Tour de cette année-là et pour des raisons logistiques et de désordre chez moi, je n'ai pas retrouvé mes documents 1929 sur le Tour qui évoquaient cette affaire. Je vais donc me fier à ma mémoire et vous engage à vérifier mes dires.

 

 

 

Nous sommes en 1929, lors de la deuxième étape Caen-Cherbourg dont voici le classement officiel tiré de MdC.

 

 

CAEN-CHERBOURG

 

  

140 km

 


1 André Leducq 4h20'51"
2 Aimé Dossche
3 Charles.Pélissier
4 Hecror Martin
5 Aimé Deolet
6ea Frans Bonduel
    Julien Vervaecke
    Pé Verhaegen
    Francis Bouillet
    Gustave Van Slembroeck
    Camille Van de Casteele
    Ferdinand Le Drogo
    Joseph Demuysere
    Nicolas Frantz
    Auguste Verdyck
    Roger Grégoire
    Louis Delannoy
    Désiré Louesse
    Pierre Magne
    Armand Van Bruaene
    Ernest Neuhard
    Giuseppe Pancera
    Julien Moineau
    Alfonso Piccin
    Jules Merviel
    Victor Fontan
    Bernard Van Rysselberghe
    Emile Joly
    Maurice Dewaele
    Gaston Rebry
    Marcel Bidot
    André Godinat
    Michele Mara
    Léon Chene
    Jean Aerts
    Charles Govaerts
    Antonin Magne
    Omer Taverne
    Albert Barthélémy
    Henri Thomas
    Georges Berton
    Henri Simonin
    Marcel Mazeyrat
    Marcel Huot
    Michele Orecchia

 

Jusque là, rien à redire. Sauf que le résultat n'est pas un sprint à l'arrivée de l'étape. En effet, le règlement prévoyait que si les coureurs arrivaient à plus de 30 (ou 35), ils disputeraient une individuelle permettant d'établir le classement officiel de l'étape. Cela permettait aux spectateurs payants du vélodrome de voir plus longtemps les géants du Tours et à ces derniers de payer ce que Desgranges jugeait un manque de combativité. Le classement officiel tient compte de cette individuelle. Là-dessus, non plus, il n'y a rien à redire.

 

 

 

Pourtant, de nombreuses années après, relisant la presse de l'époque (Match l'Intran), j'ai lu, sans faire tilt mais restant gravé dans ma tête, que les touristes-routiers n'avaient pas eu le droit de prendre part à cette individuelle et qu'ils avaient eu leur propre course (individuelle ou élimination je ne sais) qu'Omer Taverne avait remporté. Ces parias étaient outre Omer Taverne : Albert Barthélémy, Henri Thomas, Georges Berton, Henri Simonin, Marcel Mazeyrat et Marcel Huot.

 

Plus tard, dans Le Miroir des Sports, j'ai lu que Raymond Huttier se montrait choqué par le procédé en effleurant le sujet. Des choses que mon cerveau n'avait pas enregistré auparavant refaisaient surface…

 

 

 

Leur non participation à l'individuelle n'était pas inscrite au règlement. Il s'agissait d'une décision unilatérale du patron Henri Desgranges qui n'aimait guère les coureurs et encore moins les touristes-routiers là seulement pour faire nombre dans son esprit. Cela lui permettait d'offrir un spectacle supplémentaire à ceux qui avaient payé.

 

Ces 7 hommes ont été privés malgré eux de la lutte pour le gain de l'étape. Il est vrai que ce n'étaient que des sans-grade. Outre que ce n'est pas une raison de priver ces hommes de la possibilité d'y participer (Taverne a aussi gagné l'étape), on va se rendre compte de l'ironie de la situation.

 

Même sans lire la suite, pour moi et pour vous j'espère, Omer Taverne DOIT ETRE RETABLI DANS SES DROITS COMME VAINQUEUR Ex aequo de l1 2° étape Caen-Cherbourg du Tour de France 1929 avec André Leducq

 

 

 

Après tout, théoriquement, ces coureurs ne pouvaient raisonnablement espérer faire la nique aux as lors d'un sprint massif ou d'une individuelle. Et pourtant, dès le lendemain, à Dinan, alors qu'ils n'étaient que 29 ensemble et que l'arrivée allait se juger sur le sprint de l'étape, c'est Omer Taverne qui montrait sa roue arrière à Charles Pélissier et tous les as...

 

 

Frédéric GIRARD

 

 

 

 

PS : Et comment classer les 6 autres touristes-routiers ? Troisièmes ex aequo me paraîtrait juste.

 

 

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11 juillet 2012 3 11 /07 /juillet /2012 20:32

Le Tour Cyclotouriste

 

19 août au 3 septembre 1950

 

Le dernier article m’amène à parler de cette folie de Jean Leulliot le Tour Cyclotouriste. Encore une machine gigantesque et démesurée avec pas moins de 15  étapes et de très nombreux engagés :

-          108 cyclosportifs

-          12 tandems mixtes

-          150 cyclotouristes dont l’ancien Tour de France d’avant la guerre de 1914 Jules Deloffre qui achèvera l’épreuve

-          48 cyclomoteurs dont 3 tandems et 22 vélos à moteur auxiliaire dont Dante Gianello

-          46 anciens champions (après réflexion Romain Maès, Francesco Camusso, Serge Svoboda, Muller et Teisseire déclineront l’invitation)

 

Voici d’ailleurs la liste des anciens champions partants

Mercier 1 André Leducq 2 Georges Speicher 3 Maurice Archambaud 4 Marcel Bidot 5 Fernand Cornez 6 Jean Aerts

Alcyon 7 Robert Wierinckx 8 François Audenaert 9 Raoul Pétouille

Arliguie 10 Jean Goulême 11 Thiais 12 Camille Louvel 13 Hubert Jolivet

Syphax 14 Michel Pecqueux

Radar15 Henri Poméon

Pfohl16 Hilaire Bertellin

Peugeot 17 Edmond Sikorski 18 Jacques Rousset

Olympia 19 Ferrari

Gitane 21 Omer Taverne

Delangle 22 Georges Paillard 23 Aimé Constant 24 René Maronnier 25 Jean Galle

Merviel 26 Jules Merviel

Colin27 Jean Maréchal

Vittoria 29 Edoardo Molinar

Chaplait 30 Raffaele Di Paco 31 Murat

Peuziat 32 Georges Peuziat

Gallien 33 Pierre Gallien

Pétier 34 Pétier 35 Pierre Spaperi

Lemoine 37 Lemoine

Kienlen 38 Jean Kienlen

Th Rosset 39 Scalbi 40 Salvador Cardona

Roger André 41 Roger André

Dubreuil 42 G Dubreuil

Elvish 43 René Bernard

Alcyon 44 Romain Gijssels

Les étapes et les résultats des anciens champions

1° étape Paris-Lille  1 Jean Galle

2° étape Lille-Reims 1 Georges Speicher

3° étape Reims-Nancy  1 Pierre Gallien

4° étape Nancy-Besançon  1 Georges Speicher

5° étape Besançon-Annecy  1 Georges Dubreuil

6° étape Annecy-Grenoble 1 Edoardo Molinar

7° étape Grenoble-Saint Etienne 1 Pierre Gallien

8° étape Saint Etienne-Clermont Ferrand 1 Raffaele Di Paco

9° étape Clermont Ferrand-Brive 1 Jean Galle

10° étape Brive-Bordeaux 1 Georges Dubreuil

11° étape Bordeaux-Poitiers 1 Scalbi

12° étape Poitiers-Nantes 1 Georges Speicher

13° étape Nantes-Le Mans 1 Pierre Gallien

14° étape Le Mans-Rouen 1 Georges Dubreuil

15° étape Rouen-Paris 1 Robert Wierinckx

 Il s'agissait quand même d'une vraie course !

Voyons un peu le règlement de l’épreuve organisée par L’Aurore et Route & Piste :

-          Une moyenne à respecter entre 22 et 26 km/h pour les étapes de plat

-          Une moyenne à respecter entre 20 et 24km/h pour les étapes de montagne

-          Une vraie course sur la fin de parcours prévue ainsi : 1° et 2° étape les 28 derniers km en ligne, 3° étape 10km contre la montre, 4° étape 14km en ligne, 5° étape 25km en ligne, 6° étape 11km en ligne (col de Porte), 7° étape 35km en ligne, 8° étape 25km en ligne, 9° étape 28km en ligne, 10° étape 31km en ligne, 11° étape 2km clm, 12° étape 10km en ligne, 13° étape 20km clm, 14° étape 24km en ligne, 15° étape 43km en ligne

 

Jacques Augendre suivait l’épreuve pour L’Equipe. Et comme par hasard ou presque, avant les résultats, nous allons arriver à Jean Aerts, grâce à André Leducq et à sa verve déployée dans son livre de souvenirs réalisé avec Roger Bastide « Une Fleur au Guidon » :

« Leulliot… m’avait donné comme consigne formelle : surtout, que personne n’abandonne dans ton équipe ! Pour lui comme pour le baron de Coubertin, l’essentiel, en somme, était de participer… jusqu’au bout.

Je grimpais dans une position à peu près convenable, à mon train, pas trop loin des premiers, et il venait m’alerter :

- Dis-donc, André, il y a derrière Jean Aerts qui est largué. Il vient de s’arrêter !

J’ai donc attendu Jean Aerts… très longtemps. Il souffrait le martyre, pas entraîné du tout, car il avait cru que ce serait une douce plaisanterie, ce Tour cyclo-toutistes. Je l’ai pris en remorque et je n’arrêtais pas de lui répéter : « Allez, Jean, accroche-toi, ce ne sera plus très long. » Et lui n’arrêtait pas de me répondre : « Ce n’est pas possible… Ce n’est pas possible ! » Ah ! Il était beau notre fringant six dayman dont on admirait autrefois le style élégant et facile ! »

Classement Général  final

1 Pierre GALLIEN 116h40'08" bien 116 heures !

2 Robert WIERINCKX à 3'43"

3 Georges SPEICHER à 3'46"

4 Maurice ARCHAMBAUD à 4'15"

5 Edoardo MOLINAR à 4'18"

6 Georges PEUZIAT à 9'18"

7 Georges DUBREUIL à 10'28"

8 SCALBI à 11'23"

9 Henri POMEON à 12'48"

10 Jean GALLE à 13'01"

11 Hilaire BERTELLIN à 18'06"

12 Omer TAVERNE à 20'

13 Fernand CORNEZ à 25'37"

14 Salvador CARDONA à 25'54"

15 François AUDENAERT à 28'01"

16 Marcel BIDOT à 31'39"

17 MURAT à 33'02"

18 Raffaele DI PACO à 33'54"

19 René BERNARD à 35'26"

20 FERRARI à 40'45"

21 Romain GIJSSELS à 42'42"

22 André LEDUCQ à 49'51"

23 Jean AERTS à 1h16'06"

24 Jules MERVIEL à 1h16'48"

.cyclo sportifs 1 JACQUELIN 117h05'53" 2 LUEZ à 1'03" 3 ROUSTAUD à 7'43"

.tandems mixtes 1 CHAPELET-Mme CHAPELET 117h43'41" 2 MARTINAGE-Mme MARTINAGE à 1'17" 3 JOUAN-Mme JOUAN à 7'43"

 

.cyclotouristes 139 participants achevaient ce Tour

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10 juillet 2012 2 10 /07 /juillet /2012 13:30

Nous venons de parler des débuts de Jean Aerts, le Tour de France Cyclotouriste de Jean Leulliot permet de le retrouver après la fin de sa carrière. Les données et de larges extraits de l’article de Michel Lejard reproduits ici proviennent de L’Equipe des samedi 19 et dimanche 20 août 1950. Le prochain article concernera le Tour cyclotouriste 1950

 

 « A Moorslede comme ailleurs les Tour de France

seront les plus dangereux… avec Van Steenbergen »

pronostique Jean Aerts qui, pour participer au Tour

cyclotouristique, a effectué 2.000 km. En deux mois !

 

Jean Aerts, depuis 36 heures, est l’hôte du 9° arrondissement ; pour très peu de temps d’ailleurs, puisque ce matin il prendra le départ du Tour de France cyclotouristique. Le cheveu noir et brillant, des yeux qui rappellent le ciel de la Côte d’Azur, un visage qui ignore les rides, un corps que l’on devine athlétique sous un complet artistement coupé, l’ancien champion du monde est sans doute le Belge le plus Parisien…

La classe, on la retrouve chez l’homme dans ses attitudes, dans sa conversation, et la justesse de ses critiques force le respect… autant que l’exigence de son appétit, comme nous pûmes nous en rendre compte en bavardant à sa table.

Dans sa bouche, ses souvenirs accommodés, à cette savoureuse sauce qu’est l’accent d’outre-Quiévrain, deviennent d’excellentes histoires. Ecoutons-le plutôt (sans assaisonnement) ;

« Depuis ma dernière course, le Critérium des nations où je terminai 4° , en 1944, j’avais pratiquement abandonné toute idée de compétition. Mieux – ou pire – j’avais complétement oublié mon vélo sous la poussière, lorsque voici quelques semaines on me proposa de participer au Tour de France Cyclo-Touristique. D’abord réticent, j’acceptai. Mais je faillis annuler mon engagement… Songez en effet qu’après 30 kilomètres, lors de ma première sortie, j’étais plus anéanti que par l’Aubisque voici 15 ans ! Le lendemain, 40 bornes faillirent me causer une indigestion. Puis peu à peu la routine revint : 100, 180, 200 km… »

 « Tu ne termineras pas…, m’a dit mon fils, en voyant quelles difficultés j’éprouvais à faire… ma valise. Mais il attend de moi une meilleure performance… » conclut Aerts …

La clarté de ses jugements, on l’apprécie surtout lorsqu’il commente le dernier « T.D.F. » et les actuels Championnats du monde.

« Tous deux se rejoignent. De tout temps, estime-t-il, l’homme Tour de France était toujours le plus dangereux aux Championnats du monde. »

Et Aerts rappelle cette course de 1935 à Zurich où « deux Italiens qui m’encadraient comme des gendarmes, hésitèrent presque à me… lâcher lorsque je crevai… »

Quels sont ses favoris pour Moorslede ?

« Là encore, ceux qui viennent du Tour. Deux maillots seront traditionnellement surveilés : le jaune, Kubler, dont les 21 étapes furent remarquables, et l’arc-en-ciel Van Steen qui en cas de sprint ne peut que triompher… » Bobet, Schotte, Middelkamp, Ockers retiennent encore les faveurs de Aerts, qui se rappellera toujours l’extraordinaire monsieur Patterson.

Mais en nous quittant, le Belge répéta :

« Non, vraiment, je ne parviens pas à croire que je suis ici pour courir… »

Est-ce une nouvelle carrière qui commence ? L’ancien champion du monde, toutefois, devrait connaître une autre destinée : directeur de l’équipe nationale belge. Les « noir-jaune-rouge » n’auraient qu’à s’en louer…

 

Michel Lejard

 

Voir comment se portait le sympathique Jean et comment il était perçu.

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